" Régulièrement des jeunes nous demandent : pourquoi êtes-vous devenus prêtres? La réponse est difficile à exprimer en quelques mots. Mais quelque chose vit en nous dont il nous est impossible de douter : notre vocation. A un moment donné - subitement, ou après tout un cheminement -, il nous est apparu clairement : voilà l'orientation à prendre.

La vocation nous est survenue, bien plus que nous ne l'aurions nous-mêmes provoquée. Nous avons buté sur elle, nous l'avons trouvée. Et pourtant nous l'avons aussi choisie en toute liberté : c'est nous qui avons dit OUI. Etions-nous meilleurs que nos compagnons de classe, plus qualifiés, plus parfaits ? Non. Un rien différents ? Il semble bien. A quoi donc se remarquait cette vocation ? Nous nous sentions attirés vers Dieu et vers nos semblables. Nous avions sans doute un cœur vulnérable, sensible au côté intérieur des choses, aux réalités invisibles. Assurément, nous sommes très reconnaissants à tous ceux qui ont préservé cette sensibilité en nous, qui l'ont entourée de soins : parents, amis, professeurs, personnes rencontrées par hasard. Nous sommes toutefois certains que cette vocation ne vient pas d'eux. Elle vient de plus loin, d'un Autre. L'Eglise l'a reconnue authentique et l'a confirmée par l'ordination.

Il y a quelque chose de spécial entre nous et le Christ. Il nous a regardés et nous L'avons suivi, Il nous a blessés au plus intime de notre âme et nous n'avons jamais guéri de cette blessure. Nous vivons tendus vers Lui. Ses paroles et ses actes, sa mort et sa résurrection, nous les avons constamment sous les yeux. L'Ecriture et les événements de chaque jour, tout nous parle de Lui. Aussi sommes-nous tellement attachés aux pauvres et aux petits, aux malades et aux enfants. Parce que dans leurs appels souvent étouffés, nous entendons la voix cachée du Christ pauvre. Parce qu'il vit aussi en eux "

Cardinal G. Daneels, Messagers de la joie. Prêtres, qui sommes-nous ?, p. 9-11.